Salaires : le grand tabou entre collègues

Comment et qui sait quoi du salaire de ses collègues

Dans l’Hexagone, la transparence est désormais exigée aux membres du gouvernement. Pour une fois, moult Français ne peuvent pas dire qu’ils sont aussi exemplaires que leurs élus. A l’exception de certains dirigeants et administrateurs de sociétés qui y sont contraints, il n’est pas dans la culture tricolore de dévoiler son salaire, d’autant plus dans son entreprise.
Selon le site de recrutement Glassdoor, deux tiers des Français ne savent pas combien gagnent leurs collègues. Seulement 37% des personnes interrogées disent connaître le salaire de leurs voisins de bureau. Parmi eux, un peu plus de la moitié (58%) sont allés le demander directement à l’intéressé, tandis que les autres sondés disent avoir poursuivi leur petite enquête. 16% savent la paie de leurs collègues grâce aux rumeurs. Des documents qui n’auraient pas dû être vus (6%) ou la langue bien pendue de « quelqu’un des RH » (4%) permettent d’en découvrir davantage.

Savoir ne rendrait pas plus heureux

Cette discrétion n’est pas si grave. Elle aurait même des vertus. Une étude menée en 2011 à l’université de Californie et à Princeton a démontré que savoir le revenu de son collègue de bureau rend malheureux. Cela s’accentue chez celui dont la rémunération s’avère être plus basse que la médiane de sa catégorie. Avoir conscience que l’on se situe au-dessus ne rendrait pas plus heureux, à en croire ces quatre chercheurs américains. Alors, faut-il attiser les rivalités et vraiment briser ce tabou ?